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Le Rhône en 100 questions : 4-02 Quelle est l’importance de la production énergétique du Rhône ?

De Wikibardig
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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.





Sommaire

Qu’est-ce que la « rente énergétique » du Rhône ?


La valorisation du potentiel énergétique, plus connue sous l’expression de « rente énergétique du Rhône » a subi les aléas d’une histoire tourmentée.
Dans la perspective tracée par les promoteurs du projet rhodanien, la vente de l’énergie produite par la première centrale (Génissiat)
devait assurer le financement de la seconde centrale (Donzère), tout en dégageant des profits réinvestis dans la vallée et en apportant ainsi une contribution décisive à son aménagement.

Dans le contexte actuel, on peut assimiler la « rente du Rhône » aux redevances et impôts que la CNR verse à l’État, que ce soit à
titre contractuel en application de son cahier des charges (environ 148 M€ en 2006) ou au titre de l’impôt sur les sociétés (environ 96 M€ en 2006), ainsi que les taxes professionnelles et foncières redistribuées aux collectivités territoriales (en 2006 environ 50 M€).


L’hydroélectricité


La pente et le débit élevé du Rhône justifient les aménagements hydroélectriques du fleuve et de ses affluents.Le processus d’aménagement s’est fait lentement. Amorcé très tôt et de façon brillante avec la construction de l’ouvrage de Cusset (1899), ce processus a stagné longtemps entre la loi du Rhône (1921) et la mise en exploitation de Génissiat (1948). Cette lenteur de la phase d’équipement hydro-électrique, combinée avec la politique de péréquation tarifaire à l’échelle nationale définie en 1946, n’a pas favorisé l’implantation d’industries consommant de l’électricité à des tarifs préférentiels sur les sites de production, hors le complexe électronucléaire (Marcoule, Tricastin). L’énergie hydroélectrique produite sur le fleuve dans son parcours français s’élève en moyenne annuelle à 16 400 GWh grâce à un ensemble de dix-neuf chutes aménagées. Compte tenu de la production des autres centrales notamment alpines, cette filière représente plus de 93 % de l’énergie renouvelable électrique et place la France au premier rang européen dans ce secteur.
La production du fleuve varie selon les débits journaliers et saisonniers. L’énergie produite est faiblement modulable, grâce essentiellement à l’apport de la chute de Génissiat qui dispose d’une petite réserve de 50 millions de m3. Le stockage d’une partie des débits dans les biefs amont de chaque centrale permet de satisfaire chaque jour une demande de pointe horaire. Cette pratique altère le régime naturel du fleuve qui est également impacté par le gestion suisse des eaux du Léman par stockage en période de consommation creuse (par exemple le week-end) et lâchers en périodes de pointe.

Le nucléaire


L’eau du fleuve est également utilisée comme source froide pour le refroidissement de la centrale thermique d’Aramon et des centrales nucléaires de Bugey, Saint-Alban, Cruas et Tricastin totalisant 16 tranches. Deux technologies sont utilisées : le circuit ouvert qui sollicite de forts débits pour un échange direct avec le fleuve ; le circuit fermé qui utilise un faible volume pour compléter la quantité évaporée par les aéroréfrigérants. L’énergie produite annuellement par ce secteur s’élève à 90 000 GWh. Dans l’avenir, le problème essentiel tiendra au renouvellement des centrales nucléaires dont la durée de vie est de l’ordre de 40 à 50 ans, de sorte que le système nucléaire rhodanien devra être remplacé entre 2020 et 2030. À ces dates, les centrales du type EPR devraient être opérationnelles mais leur implantation dans la vallée du Rhône relève de choix dans les politiques énergétiques et environnementales.

L’éolien


La vallée du Rhône, couloir de vent, est propice à l’éolien. La région Languedoc-Rousillon avec une puissance de 162 MW installée en 2006 (sur un total français de 920 MW) est moteur dans ce domaine, mais pour l’essentiel hors vallée du Rhône, dans l’Aude.
La région Rhône-Alpes se lance aussi avec 100 MW installés et autant en projet. L’établissement d’un schéma de développement de l’éolien à l’échelle du couloir rhodanien pourrait mettre en cohérence les différentes zones de développement de l’éolien (ZDE).

barrage de rochemaure centrale nucleaire cruas
centrale nucleaire du bugey
parc d eoliennes dans la crau

Quels sont dans l’avenir les termes d’une politique énergétique rhodanienne ?


Actuellement, le noyau fort des productions hydrauliques et nucléaires correspond à la région Rhône-Alpes.
Cette région, la seconde en France pour la consommation d’électricité est largement exportatrice puisqu’elle produit 120 TWh pour une consommation de l’ordre de 63 TWh. Ce bilan peut se lire de façon positive (une capacité d’exportation) ou négative (un potentiel insuffisamment valorisé sur place).
Il convient également de prendre en compte dans une réflexion sur l’avenir énergétique, le contexte socioéconomique en termes d’emplois directs et indirects induits par ces filières de production et par les industries associées, ainsi que les ressources financières apportées par la fiscalité locale portant sur ces installations.
Un équilibre doit être enfin trouvé pour développer une production énergétique combinant les modes de production existant tout en respectant l’environnement et les différents usages liés au fleuve.

prod d energie electrique bassin rhone mediterranee
tableau comparatif des modes de production

Ce qu’il faut retenir


La vallée du Rhône est incontestablement la vallée énergétique de la France avec une production cumulée hydroélectrique et thermique étendue à l’échelle du bassin, de 131 TWh, soit 22,7 % d’une production nationale de l’ordre de 576 TWh.
La forte position du bassin rhodanien est confortée par l’existence de lignes à haute tension qui suivent la vallée et assurent l’interconnexion entre les divers sites de production.



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