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Ruissellement (HU) : Différence entre versions

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En cas de pluie, une partie variable de l’eau précipitée est [[Interception par la végétation (HU)|prélevée par la végétation]], comble les [[Stockage dans les dépressions (HU)|dépressions du sol]] ou son déficit en humidité. La partie qui n’est pas perdue s’écoule à la surface du sol, soit en [[Lame mince (écoulement en) (HU)|lame mince]], soit dans de petites rigoles. Cette partie du [[Cycle de l’eau (HU)|cycle de l’eau]], qui prend théoriquement fin lorsque l’eau atteint un cours d’eau, un plan d’eau ou un ouvrage artificiel de collecte constitue le ruissellement en surface. La réalité des écoulements est cependant plus complexe car une partie de l'eau infiltrée dans les couches superficielles du sol peut également s'écouler rapidement (écoulements de subsurface) sans qu'il soit réellement possible de bien distinguer les écoulements de subsurface et le ruissellement proprement dit (''figure 1'').
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Cette définition recouvre cependant deux réalités assez différentes selon que l'on se situe en zone rurale ou en zone urbaine.
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* en zone rurale, le ruissellement commence en théorie lorsque le sol est saturé et la présence d'un ruissellement nécessite une pluie conséquente ; de plus la présence d'un ruissellement est souvent associée à celle d'une inondation directe par les eaux ruisselantes ou d'une crue du cours d'eau situé à l'aval ;
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* en zone urbaine, beaucoup de surface sont imperméables et le ruissellement se met en place dès que les [[Perte initiale (HU)|pertes initiales]] sont satisfaites, c'est à dire pour des pluies très faibles n'apportant pas plus que quelques dixièmes de millimètres ; ces eaux sont généralement rapidement recueillies par un ouvrage dédié, soit collectif (réseau d'assainissement), soit construit à petite échelle ([[Technique alternative (HU)|technique alternative]]).
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Il est bien sûr également possible que des ruissellements importants traversent la ville, soit en l'absence de dispositifs de gestion dédiés, soit lorsque ceux-ci sont saturés. Ces écoulements se font alors principalement par les rues et autres espaces publics ouverts et peuvent être dévastateurs (''figure 2'').
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* les eaux qui ruissellent systématiquement sur les surfaces imperméables, sur des longueurs courtes, même pour de petites pluies, généralement  pour rejoindre un ouvrage dédié, sens que l'on trouve principalement dans l'expression [[Pollution des eaux de ruissellement (HU)|pollution des eaux de ruissellement]], et,
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* les eaux produites par les événements suffisamment forts pour saturer le système de gestion des eaux pluviales et qui provoquent des ruissellements importants dans la ville ; Bachoc ''et al.'' (2022) ont proposé de nommer ces eaux "eaux ruisselantes et débordantes".
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Une seconde distinction doit être faite entre une vision purement phénoménologique et une vision plus réglementaire. Dans l'état actuel (peu satisfaisant) de la réglementation (GRAIE, 2019), les "eaux ruisselantes et débordantes" au sens de Bachoc ''et al.'' (2022) n'ont en effet ni statut ni gestionnaire. Pour combler ce vide, le rapport du CGEDD (Roche ''et al'', 2017) a proposé de distinguer sur le plan réglementaire les eaux pluviales et les eaux de ruissellement:
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* « ''Les eaux pluviales, en milieux urbain et péri-urbain, sont définies comme la partie des eaux issues de précipitations dont l’écoulement est pris en charge par des dispositifs dédiés (infiltration, transfert, stockage, etc.). Elles sont en interaction permanente avec les eaux souterraines et les autres réseaux ;''
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* ''Les eaux de ruissellement sont définies non pas à partir d’un processus physique d’écoulement sur une surface mais comme la partie de l’écoulement qui n’est pas « gérée » par un dispositif dédié.'' »
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Cette distinction est importante pour combler le vide entre les compétences GEPU et GEMAPI.
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<u>Bibliographie</u>
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* Bachoc, A., Gandouin, C., Kovacs, Y., Maytraud, T., Morin-Batut, C., Pierlot, D., Roche, P.-A., Savary, P. (2022) : Mieux penser les eaux débordantes et ruisselantes en surface dans l’espace urbain , TSM n°5, mai 2022, p.7 à 13.
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* GRAIE (2019) : Articulation Pluvial / Ruissellement / Gemapi ; Atelier de réflexion collective ; 12 mars 2019 ; 28p. ; disponible sur [http://www.graie.org/graie/graiedoc/doc_telech/actesyntheses/Graie-Atelier-Pluvial-Ruissellement-Gemapi-12mars19Bilan.pdf http://www.graie.org/].*
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* Roche, P.-A., Velluet, R., Aujollet, Y., Helary, J.L., Le Nouveau, N. (2017) : Gestion des eaux pluviales : 10 ans pour relever le défi,  rapport n° 010159-01 CGEDD, avril 2017 ; le tome 1 présente les propositions et le tome 2 apporte des éléments de diagnostic et de méthodologie ; documents disponibles sur https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0008967&reqId=83bb1606-6f4a-45b2-9955-38f5015f000f&pos=1
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<u>Voir aussi</u> : [[Eau pluviale (HU)]], [[Eau de ruissellement (HU)]]
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[[Catégorie:Transformation_pluie-débit_(HU)]]
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[[Catégorie:Généralités_hydrologie_(HU)]]

Version actuelle en date du 10 novembre 2022 à 15:36

Traduction anglaise : Overland Flow

Dernière mise à jour : 10/11/2022

Écoulement sur le sol d'une partie de l'eau précipitée.

[modifier] Phénomène physique

En cas de pluie, une partie variable de l’eau précipitée est prélevée par la végétation, comble les dépressions du sol ou son déficit en humidité. La partie qui n’est pas perdue s’écoule à la surface du sol, soit en lame mince, soit dans de petites rigoles. Cette partie du cycle de l’eau, qui prend théoriquement fin lorsque l’eau atteint un cours d’eau, un plan d’eau ou un ouvrage artificiel de collecte constitue le ruissellement en surface. La réalité des écoulements est cependant plus complexe car une partie de l'eau infiltrée dans les couches superficielles du sol peut également s'écouler rapidement (écoulements de subsurface) sans qu'il soit réellement possible de bien distinguer les écoulements de subsurface et le ruissellement proprement dit (figure 1).


Figure 1 : Écoulement de surface important dans une zone agricole qui mélange du ruissellement proprement dit et des écoulements de subsurface ; Crédit photo : Patrick Savary.

Cette définition recouvre cependant deux réalités assez différentes selon que l'on se situe en zone rurale ou en zone urbaine.

  • en zone rurale, le ruissellement commence en théorie lorsque le sol est saturé et la présence d'un ruissellement nécessite une pluie conséquente ; de plus la présence d'un ruissellement est souvent associée à celle d'une inondation directe par les eaux ruisselantes ou d'une crue du cours d'eau situé à l'aval ;
  • en zone urbaine, beaucoup de surface sont imperméables et le ruissellement se met en place dès que les pertes initiales sont satisfaites, c'est à dire pour des pluies très faibles n'apportant pas plus que quelques dixièmes de millimètres ; ces eaux sont généralement rapidement recueillies par un ouvrage dédié, soit collectif (réseau d'assainissement), soit construit à petite échelle (technique alternative).

Il est bien sûr également possible que des ruissellements importants traversent la ville, soit en l'absence de dispositifs de gestion dédiés, soit lorsque ceux-ci sont saturés. Ces écoulements se font alors principalement par les rues et autres espaces publics ouverts et peuvent être dévastateurs (figure 2).


Figure 2 : Ruissellement en zone urbaine ; Crédit photo : Patrick Savary.

[modifier] Ruissellement et eau de ruissellement

Si la définition du phénomène de ruissellement lui-même est relativement claire, il n'en est pas de même de celle du concept d'eau de ruissellement, du moins dans les zones urbaines.

Une première distinction doit être faite entre :

  • les eaux qui ruissellent systématiquement sur les surfaces imperméables, sur des longueurs courtes, même pour de petites pluies, généralement pour rejoindre un ouvrage dédié, sens que l'on trouve principalement dans l'expression pollution des eaux de ruissellement, et,
  • les eaux produites par les événements suffisamment forts pour saturer le système de gestion des eaux pluviales et qui provoquent des ruissellements importants dans la ville ; Bachoc et al. (2022) ont proposé de nommer ces eaux "eaux ruisselantes et débordantes".

Une seconde distinction doit être faite entre une vision purement phénoménologique et une vision plus réglementaire. Dans l'état actuel (peu satisfaisant) de la réglementation (GRAIE, 2019), les "eaux ruisselantes et débordantes" au sens de Bachoc et al. (2022) n'ont en effet ni statut ni gestionnaire. Pour combler ce vide, le rapport du CGEDD (Roche et al, 2017) a proposé de distinguer sur le plan réglementaire les eaux pluviales et les eaux de ruissellement:

  • « Les eaux pluviales, en milieux urbain et péri-urbain, sont définies comme la partie des eaux issues de précipitations dont l’écoulement est pris en charge par des dispositifs dédiés (infiltration, transfert, stockage, etc.). Elles sont en interaction permanente avec les eaux souterraines et les autres réseaux ;
  • Les eaux de ruissellement sont définies non pas à partir d’un processus physique d’écoulement sur une surface mais comme la partie de l’écoulement qui n’est pas « gérée » par un dispositif dédié. »

Cette distinction est importante pour combler le vide entre les compétences GEPU et GEMAPI.

Bibliographie

  • Bachoc, A., Gandouin, C., Kovacs, Y., Maytraud, T., Morin-Batut, C., Pierlot, D., Roche, P.-A., Savary, P. (2022) : Mieux penser les eaux débordantes et ruisselantes en surface dans l’espace urbain , TSM n°5, mai 2022, p.7 à 13.
  • GRAIE (2019) : Articulation Pluvial / Ruissellement / Gemapi ; Atelier de réflexion collective ; 12 mars 2019 ; 28p. ; disponible sur http://www.graie.org/.*
  • Roche, P.-A., Velluet, R., Aujollet, Y., Helary, J.L., Le Nouveau, N. (2017) : Gestion des eaux pluviales : 10 ans pour relever le défi, rapport n° 010159-01 CGEDD, avril 2017 ; le tome 1 présente les propositions et le tome 2 apporte des éléments de diagnostic et de méthodologie ; documents disponibles sur https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0008967&reqId=83bb1606-6f4a-45b2-9955-38f5015f000f&pos=1

Voir aussi : Eau pluviale (HU), Eau de ruissellement (HU)

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