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Des protections réglementaires importantes sur le littoral des départements d'outre-mer

De Wikibardig
couverture enviro littoral

Ce texte fait parti du chapitre II : biodiversité et espaces protégés


Dans les départements d’outre-mer, la part du territoire des communes littorales protégée par voie réglementaire est importante. Elle est souvent plus forte que celle des communes littorales métropolitaines ou de la moyenne hexagonale.

Un peu plus de 42 % de la superficie des communes littorales réunionnaises est situé dans le coeur du parc national où la réglementation est la plus stricte, cette part est de 11 % en Guadeloupe où les limites du parc ont récemment été étendues.
Les quatre départements ultramarins ont des réserves naturelles nationales sur le territoire de leurs communes littorales :

 – en Guadeloupe : réserve des îles de la Petite-Terre. Depuis juin 2009, le grand Cul-de-Sac marin a été intégré au coeur du parc national de Guadeloupe et n’a plus le statut de réserve naturelle nationale ;
 – en Martinique : réserves de la presqu’île de la Caravelle et des îlets de Sainte-Anne ;
 – en Guyane : réserves de l’Amana, du Mont Grand Matoury, des marais de Kaw-Roura, de l’île du Grand-Connétable, de la Trinité et des Nouragues, dans la commune de Roura. Ces espaces protégés couvrent 7,5 % de la surface des communes littorales. Cependant, étant donné la surface importante des communes de Guyane, certains espaces protégés des communes littorales peuvent être situés à plus de 100 km du bord de mer. C’est le cas de la réserve naturelle des Nouragues située au coeur de la forêt amazonienne ;
 – à la Réunion : réserve de l’étang de Saint-Paul créée en 2008 sur plus de 400 ha.

Le littoral martiniquais se démarque des trois autres littoraux ultramarins avec des terrains acquis par le Conservatoire du littoral
plus importants. Ils représentent 2 % de la surface des communes littorales, cette part est de 1,2 % en Martinique, de 0,5 % en Guyane et 0,3 % à la Réunion.

Les protections mises en oeuvre dans les autres territoires d’outre-mer

En dehors des quatre départements d’outre-mer, la politique de protection de la nature diffère suivant les territoires et leur
statut : collectivité, territoire, terre sans statut particulier (Clipperton). Les collectivités de Polynésie française, de Nouvelle- Calédonie et de Wallis et Futuna ont une compétence propre pour définir et mettre en oeuvre leur politique de protection. La loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux s’applique à Mayotte et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Par ailleurs, les statuts de réserve naturelle nationale et de parc naturel marin s’appliquent dans les Taaf.

Dans les îles éparses, quatre des cinq îles sont des « réserves naturelles » (statut de protection spécifique de l’archipel) et la pêche est interdite dans la mer territoriale. Seules les personnes autorisées peuvent débarquer.

À Mayotte, plus de 600 ha sont protégés par le Conservatoire du littoral et un parc marin a été créé début 2010 sur près de 70 000 km². L’archipel comporte 3 autres aires marines protégées (AMP) : parc de Saziley au sud-est de la Grande-Terre, passe en S au sud de la Petite-Terre et zone de protection de Ngouja au sud-ouest de la Grande-Terre. Par ailleurs, la réserve naturelle nationale de l’îlot M’bouzy a été créée en 2007 sur 142 ha.

Les îles antillaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont devenues des collectivités à part entière. Elles comportent deux réserves naturelles nationales de 3 060 et 1 200 ha à terre et en mer. Environ 300 ha sont par ailleurs protégés par le Conservatoire du littoral à Saint-Martin et quelques hectares à Saint-Barthélemy.

Il n’y pas d’espaces protégés, sur terre comme en mer, à Wallis et Futuna. Cependant, deux secteurs de l’île d’Uvéa font l’objet de restrictions coutumières. Le code de l’Environnement a été adopté en juillet 2007 et prévoit deux niveaux de protection : les réserves intégrales et les zones tampons.

En Polynésie, six statuts de protection existent. La surface terrestre protégée est de 11 400 ha, essentiellement dans les Marquises (données du ministère polynésien de l’Environnement). En mer, deux plans de gestion de l’espace maritime (PGEM) sont mis en oeuvre à Moorea dans l’archipel de la Société et à Fakarava dans les Tuamotu. Ils visent à gérer de manière durable les espaces maritimes (lagons et façades maritimes) et ont défini 26 AMP dans leurs périmètres. La commune de Fakarava dispose par ailleurs d’une réserve de biosphère (réserve de Taiaro) sur ses 7 atolls, le PGEM étant l’outil réglementaire pour la partie marine de cette réserve qui a une surface totale de 270 000 ha. Enfin, l’ensemble des eaux polynésiennes sont désignées en sanctuaire pour les mammifères marins et les requins.

D’après l’UICN, en 2008, il existait plus d’une soixantaine d’espaces protégés en Nouvelle-Calédonie, désignées par les trois provinces. L’essentiel des protections est mis en oeuvre dans la Province Sud où environ 45 000 ha sont protégés à terre et 47 000 en mer. La Province Nord dispose aussi de 5 espaces protégés terrestres et maritimes d’une surface totale d’un peu plus de 11 000 ha.

Les terres australes sont classées en réserve naturelle nationale depuis fin 2006. Certains territoires terrestres sont en réserve intégrale, comme Saint-Paul ou l’île des Pingouins à Crozet. La surface totale de la réserve est de près de 23 000 km² dont les deux tiers en mer.

Le Conservatoire du littoral protège par ailleurs un peu plus de 1 100 ha à Saint-Pierre-et-Miquelon, surtout au niveau de l'isthme reliant les îles de Miquelon et Langlade.


Pour en savoir plus:
Commissariat général au développement durable, Références -Environnement littoral et marin, Mai 2011.

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