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Hydrogéomorphologie à Mayotte

De Wikibardig

Sommaire

Introduction

7communes mayotte
Historiquement, Mayotte était une Collectivité Départementale d'Outre Mer de statut spécifique. Depuis le 1er Avril 2011 et conformément à l'expression de ses habitants par référendum au début 2009 et au vote du Parlement, l’Ile de Mayotte est devenue Département. L'ensemble des lois, décrets et applications devront donc à terme y être applicables. La prévention des risques majeurs est, à Mayotte, partie intégrante des préoccupations de l'État et du Département conformément au plan d'aménagement et de développement durable (PADD) de Mayotte. En l'absence de Plan de Prévention des Risques, ce document émet le principe d'interdiction de l'extension de l'urbanisation sur les zones où les risques naturels sont forts. La Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL976) a confié au CETE Méditerranée une mission d'assistance et de contrôle sur les thématiques « inondation par débordement des cours d’eau, surcôte cyclonique, ruissellement urbain et les mouvements de terrain : glissements et chutes de blocs », dans le cadre de l'élaboration des Plans des Prévention des Risques Naturels (PPRN) sur 10 communes. Une première vague de PPRN concernait les communes de Mamoudzou, Dzaoudzi, Pamandzi, Koungou et Sada (études réalisées par le BRGM, Antenne Mayotte). Une deuxième vague concerne les communes d’Acoua, Bandraboua, Chiconi, Dembeni et Mtzamboro et est confiée au groupement HYDRETUDES/SEGC Réunion/SEGC Mayotte

La DEAL976 a confié au CETE Méditerranée la réalisation d'une étude hydrogéomorphologique dans le cadre de l'élaboration des PPR multirisques "Mouvement de terrain" et "inondations". Cette mission permet à la DEAL976 de continuer son programme de réalisation des PPR multirisques. Cette étude hydrogéomorphologique s'inscrit dans le cadre des plans de prévention sur Mayotte. Fin 2012, 10 communes ont fait l'objet de cette approche par des bureaux d'études dans le cadre d'une consultation. Pour cette dernière vague de PPR qui concerne 7 communes, le CETE Méditerranée est en charge de réaliser cette cartographie sur Ouangani et Tsingoni. Les cours d'eau cartographiés par le CETE Méditerranée sont le Walé et l'Ourovéni sur Tsingoni; le Coconi et le Rouaka sur Ouangani.

L’approche hydrogéomorphologique

Les données

localisation des photos aeriennes
localisation des photos aeriennes multi659

L'étude du risque « inondation par débordement des ravines et rivières » a été réalisée à partir d'une approche hydrogéomorphologique issue du guide méthodologique en 1996. Cette méthode a ensuite été complétée à partir des informations plus précises fournies (réseau hydrographique, fonds cadastral, …). D'autre part, le CETE Méditerranée a utilisé les données topographiques issues du traitement du MNT (courbe de niveau, pente, ..). Dans le cadre de cette approche hydrogéomorphologique, le CETE a commandé les photographies en recouvrement stéréoscopique de la mission FD976 de l'IGN en 2008  :

  • 85, 86, 87, 88, 89, 90, 631 et 632 pour la commune de Tsingoni,
  • 752, 753, 754, 790 et 791 pour la commune de Ouangani.


Principes et Méthodes

L’ouvrage « Cartographie des zones inondables. Approche hydrogéomorphologique.1996 - Editions Villes et Territoires - METT- MATE » présente les principes de la cartographie hydrogéomorphologique. Cette méthode est une première phase d’analyse des milieux naturels et anthropisés des vallées. Elle se base sur une approche naturaliste qui permet de mettre en évidence les différents lits des cours d’eau, Elle permet de déduire les zones inondables par les crues rares à exceptionnelles. Cette méthode s’appuie sur la photo-interprétation et sur une étude de terrain qui permettent de mettre en évidence les différentes unités géomorphologiques. On distingue alors celles qui appartiennent à la partie active du cours d’eau (zone inondable) et celles qui sont hors de la zone active et donc hors zone inondable (les versants, les colluvions, les terrasses,…) formant l’encaissant. Ces unités sont séparées par des discontinuités matérialisées par des talus plus ou moins bien marqués qui permettent de les délimiter dans l’espace. L'Illustration 3 propose une visualisation de la disposition spatiale des différents lits d’un cours d’eau.

La zone inondable Les unités géomorphologiques de la partie active sont délimitées par des structures morphologiques (talus). Elles jouent un rôle direct dans le fonctionnement actuel du cours d’eau et correspondent chacune à une gamme de crue. On peut distinguer :

  • le lit mineur correspondant aux crues très fréquentes. Il montre des formes actives de la dynamique fluviale, en évolution permanente, caractérisées par la continuité amont-aval,
  • le lit moyen n'a pas été identifié sur les 4 cours d'eau étudiés même s'il assure la transition entre le lit majeur et le lit mineur en étant recouvert d’une ripisylve,
  • le lit majeur est le lit le plus large qui fonctionne pour les crues rares et exceptionnelles. Il présente un modelé plat. La dynamique des inondations privilégie la sédimentation d’alluvions fines.

La zone non-inondable comprend les unités géomorphologiques hors de la zone active (l’encaissant) avec

  • les dépôts de colluvions
  • les cônes de déjection actifs
  • les versants encadrant directement la plaine alluviale (plus ou moins raides et taillés dans le substratum).

La méthode hydrogéomorphologique permet de déterminer les enveloppes des zones inondables pour différentes fréquences d’événements et notamment pour la crue rare ou exceptionnelle déterminant le lit majeur des cours d’eau.

Les résultats

Dans un premier temps, l'acquisition des photographies aériennes a permis de réaliser d'une approche hydrogéomorphologique en régie à Aix-en-Provence. Des cartes minutes ont été produites en attendant une visite de terrain pour valider les informations recueillies par cette analyse. La couverture végétale sur Mayotte a rendu difficile l'analyse stéréoscopique. Seuls les secteurs dégagés de cette végétation ont pu être interprétés.

Le second temps, pour apprécier et d'affiner les cartes minutes, correspond à une visite de terrain sur les cours d'eau des communes.

Sur Mayotte, il existe un Modèle Numérique de Terrain au pas de 1 m. Il a permis de mettre en place une qualification des lignes de rupture de pentes (ou courbure). Le processus lancé consiste, sous Q-GIS GRASS, à repérer les changements de pente visibles sur le MNT. Ceci dans le but de trouver des talus caractéristiques pour délimiter les talus hydrogéomorphologiques. La détection des lignes de rupture de pente est détaillée dans l'article Détection de lignes de rupture de pentes avec le LIDAR.

Hydrogéomorphologie sur Ouangani (1).jpg
Hydrogéomorphologie sur Ouangani 1-2.jpg
Hydrogéomorphologie surTsingoni 1-2.jpg
Hydrogéomorphologie surTsingoni 2-2.jpg



Sources

  • Esposito C. (2012) - Approche hydrogéomorphologique sur les communes de Ouangani et Tsingoni à Mayotte - Rapport d'étude CETE Méditerranée - ETU 3975
  • Hydretudes/SEGC (2012) - Elaboration de 5 PPRN à Mayotte (communes de Acoua, Bandraboua, Chiconi, Dembeni et Mtzamboro) - commune d'Acoua - Phase 1: Caractérisation des aléas « hydrauliques » - Etape Ah3: Cartographie des aléas "hydrauliques" - Réf. RE10-060/Phase 1/Ah3/Version 3




Le créateur de cet article est Christophe Esposito
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Article rédigé par Christophe Esposito, CETE Méditerranée, DREC/SRILH, PCI Inondations et Aléas Côtiers

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