S'abonner à un flux RSS
 

L'évènement de référence

De Wikibardig
evenement de reference
Les précautions qu'il est légitime d'imposer pour minimiser les effets d'évènements connus comme pouvant se produire mais dont l'arrivée est imprévisible dépend de l'ampleur des conséquences redoutées (nombre de victimes, coût des dégâts) et de la probabilité. Celle ci est exprimée comme une « période de retour », c'est à dire l'intervalle moyen entre deux évènements, observée sur une très longue période.

Il n'est généralement pas possible de raisonner « au pire » en supposant que tous les phénomènes connus se produiront simultanément car cela obligerait à prendre des dispositions humaines et économiquement très coûteuses pour se protéger d'évènements très improbables.

Pour les évènements tels que les submersions marines susceptibles de faire plusieurs dizaines de victimes, l'objectif fixé à la mission d'expertise est de prendre en compte des phénomènes d'une période de retour comprise entre 50 et 100 ans.

La probabilité des tels évènements est très difficile à estimer dans la mesure où les comptes rendus d'évènements anciens sont imprécis et où il en faudrait un grand nombre, c'est à dire plusieurs milliers d'années d'observations pour faire une estimation fiable : pour une période de retour de 100 ans l'évènement peut survenir deux ans de suite ou attendre 300 ans pour se reproduire...

La mission d'expertise a du faire, en concertation avec l'administration centrale (DGPR), un choix qu'elle estime raisonnable et qui consiste à prendre en compte:

  • le niveau de l'océan observé lors de Xynthia, soit 4,50 NGF à la Rochelle, corrigé sur les autres sites par la différence entre le niveau de la marée de coefficient 120 à la Rochelle et son niveau à l'endroit considéré, soit, au vu du document SHOM ci-contre:

- Charron: + 10 cm

- Nieul, Loix, la Flotte, Aytré, les Bou­choleurs: 0 cm

- Fouras, Île d'Aix, Port des Barques: - 10 cm
- Boyardville : - 20 cm
- Saint Trojan: - 30 cm

Cela correspond généralement à un niveau de l'eau supérieur de 50 à 60 cm à ce qui avait été pris en compte dans le passé, notamment dans le cadre des plan de prévention des risques et des projets d'endiguement.


  • une hauteur des vagues, au moment où le ni­veau de l'océan est au plus haut, correspondant à un vent soufflant en régime établi (hors ra­fales de courte durée), à 30 m/s (108 km/h) et pouvant provenir de toute direction de secteur ouest. Cela correspond à ce qui a été observé lors de Xynthia sur les sections de littoral dont l'orientation est comprise entre le sud et l'ouest (secteur sud-ouest). On a considéré que sur les cotes dont l'exposition varie entre l'ouest et le nord-est (secteurs nord-ouest et nord), des vagues pourraient arriver face à la cote lors de l'évènement de référence et être plus hautes que lors de Xynthia.

Les effets des vagues pris en compte sont :

- le choc ces paquets de mer et des objets qu'ils transportent sur les façades et les ouvrages de protection
- la surélévation du champ d'inondation du fait du déferlement des vagues au dessus des ou­vrages.

Il n'est pas indifférent, pour répondre aux objections de ceux qui trouveraient l'évènement de référence trop sévère, d'évoquer un scénario correspondant à la concomitance, certes improbable mais possible, de tous les évènements qui se sont produits à plusieurs reprises depuis une vingtaine d'années:

  • dépression de 50 Hpa avec vents de 190 km/h (comme en 1999)
  • haute mer de coefficient 120
  • trajectoire défavorable de la dépression

Le niveau de l'océan dépasserait nettement 5,00 NGF à la Rochelle provoquant, partout dans le département, l'inondation de la quasi totalité des zones endiguées dont les protections se sont avérées efficaces en février 2010.
L'altitude des vagues au contact des digues à la mer et des constructions exposées aux paquets de mer serait supérieure d'au moins un mètre provoquant la destruction d'une grande partie des ouvrages de protection qui ont résisté lors de Xynthia.

Outils personnels