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Loix en Ré - Expertise des zones de solidarité Xynthia

De Wikibardig

Sommaire

Eléments de contexte


Principales caractéristiques de la commune

caracteristiques commune loix
La commune de Loix est une ancienne ile indépendante, raccordée au reste de l'Ile de Ré par une chaussée, inondable en cas de hautes eaux exceptionnelles. Le village, 720 habitants permanents, occupe le point haut de la commune et n'est pas inondable. Les terrains environnants sont plus bas et constituent un marais qui a été partiellement transformé en polder au moyen d'un système de digues de 14 km de périphérie environ.
L'économie locale, initialement construite sur l'agriculture, la conchyliculture et la pèche repose désormais sur le tourisme résidentiel. Les valeurs patrimoniales sont très élevées.
Certaines digues, au nord de la commune, ont pour vocation de maîtriser l'érosion et de lutter contre l'effet des vagues. D'autres, construites plus en retrait dans le marais, empêchent l'entrée de l'eau à marée haute.
La commune de Loix est dotée d'un PPR depuis 2001 et a maitrisé le développement de l'urbanisation en zone inondable. Le PPR contient toutefois une zone « bleue », inondable pour une hauteur d'eau de référence fixée à l'époque à 4,00 NGF, mais restée constructible, le long de la route du Pertuis (quartier Lavaud) et de la rue du Passage. Il existe seulement une demi-douzaine de maisons et quelques sièges d'exploitations agricoles ou bâtiments professionnels à l'extérieur de la zone endiguée.


Description de l'évènement Xynthia

Lors de l'évènement Xynthia, l'ensemble du dispositif de défense contre la mer a été submergé. La commune a retrouvé une situation insulaire, isolant les habitants du reste de l'île de Ré. L'eau est entrée :

  • d'une part par submersion des digues situées au Nord et à l'Est du bourg. L'écoulement Nord-Est – Sud-Ouest a suivi la pente naturelle et est venu très fortement inonder les maisons du quartier Lavaud construites le long de la route du Pertuis (sud-est du bourg), les hauteurs d'eau relevées étant très supérieures à 1m. Plus au sud, les habitations situées place du Port ont également été inondées, de façon plus modérée.
  • d'autre part par submersion des digues de marais situés à l'ouest du bourg ; dans cette zone, seules sont présentes quelques habitations et exploitations ostréicoles. Le niveau de l'eau est monté un peu moins haut qu'à l'est, vers 3,80 m NGF mais la différence, due à la dynamique de rupture des digues, pourrait ne pas se répéter lors d'une prochaine submersion marine.Les deux zones de submersion ne se sont pas rejointes.
description evenement loix
descritpion evenement 2 loix

Les zones de solidarité et de prescriptions


Il a été créé des zones de solidarité couvrant les 7 propriétés isolées du marais, dont 2 sont propriété publique et 4 autres ont fait l'objet d'accords amiables, et 3 maisons du quartier du Port (Chemin du Passage) dont celle intégrée au moulin à marée, proches des digues mais dont les propriétaires sont très fortement opposés à la vente. Il est à noter que cet ancien moulin à marée constitue à la fois un élément remarquable du patrimoine ancien et une composante de l'endiguement du quartier.
Les autres maisons de la zone inondée – qui sont incluses dans la zone bleue du PPR - ont été classées en zone de prescription (jaune). Certaines ont eu plus de 1 mètre d'eau.
Le(s) logement(s) inclus dans un(des) siège(s) d'exploitation agricole isolés dans le marais (il y en a au moins une) n'a pas été classés en zone de solidarité.

Un propriétaire de maison isolée non classée en zone de solidarité (au lieu dit la Prise à Vinet, à l'ouest du bourg), a demandé l'acquisition de son bien. Une visite sur place a montré qu'il s'agit d'une ruine non habitable et à ce titre non éligible au fond Barnier.


Diagnostic


Aléa de référence

La cote du plan d'eau lors du phénomène Xynthia peut-être évaluée à 4,50 NGF. En raison de la défaillance généralisée des digues de marais, Xynthia est représentatif de l'évènement de référence pour la partie du site de Loix située à l'est du bourg où l'eau est partout montée jusqu’à une cote proche de 4,50 NGF.
Dans la partie ouest du site, les hauteurs d'eau relevées sont plus variables et ne dépassent pas 3,80 NGF dans certains secteurs. Sous réserve des travaux de protection qui pourraient y être réalisés, l'inondation pourrait être supérieure lors d'une prochaine tempête et monter jusqu'à 4,00 voire 4,30 m NGF..
La côte nord, sur le pertuis Breton est très exposée aux vagues et soumise à une érosion intense maitrisée par divers ouvrages de défense. Les habitations en sont suffisamment éloignées pour qu'aucune ne soit en danger immédiat.


Situation actuelle

situation actuelle loix
Il existe à Loix un dispositif de défense élaboré, hérité de l'histoire, qui a permis au fil du temps de conquérir sur la mer des espaces de marais et de gérer le trait de côte. Les efforts de maintenance ont dans un passé récent davantage porté sur les digues à la mer, l'entretien du réseau des digues de marais ayant été quelque peu délaissé. La fonction d'espace tampon joué par ceux-ci s'est dégradée et lors de Xynthia, il n'ont pas permis de ralentir la submersion.
Un levé des hauteurs de seuil des maisons inondées a été réalisé (ci dessus).
Il confirme le caractère dangereux des maisons isolées situées dans le marais même si l'eau n'y atteint pas le niveau de l'océan: les altitudes de seuil sont toutes inférieures à 2,70 NGF alors que le niveau de l'eau atteint au moins 3,80 et pourrait approcher 4,50 m NGF.
A proximité du bourg, le logis du moulin à marée et l'une des maisons de la zone de solidarité ont une altitude qui ne justifie pas l'expropriation mais 9 maisons, une dans la zone de solidarité et 8 dans le quartier Lavaud ont une altitude de seuil inférieure à 3,50 NGF qui les rend potentiellement dangereuses.


Protections envisageables

protections envisageables loix
Les zones urbanisées qui ont été submergées sont relativement éloignées du trait de côte à l'exception de celles situées dans le secteur du port. Les disponibilités foncières sont importantes et permettent d'envisager la constitution d'un système de protection à plusieurs niveaux, avec aménagement de casiers hydrauliques successifs permettant l'expansion des venues d'eau et retardant leur montée dans les zones à protéger.
Le programme de travaux envisagé par le département et la commune n'est de ce fait pas dimensionné pour garantir une mise hors d'eau parfaitement fiable du site mais seulement pour que le niveau de l'eau au droit des zones habitées reste sensiblement inférieur à celui de l'océan : des submersions localisées de digues pourraient se produire mais, compte tenu de la surface importante du marais endigué, celui ci n'aurait pas le temps de se remplir avant que la marée redescende. L'action des services de la communauté de commune et la remise en état des canaux, vannes et clapets permettrait d'essorer rapidement les sites inondés.

Il faudrait, à minima, que le dispositif garantisse que le niveau de l'eau ne dépassera pas celui pris en compte par le PPR, soit 4,00 NGF. Toutefois, l'altitude du sol de certaines maisons du quartier Lavaud, non comprises dans la zone de solidarité (virage de la route du Pertuis) est inférieur à 3,00 NGF; il est à 2,56 NGF pour la plus basse; l'objectif d’efficacité devrait être relevé en proportion pour assurer leur sécurité.

Pour autant que les experts puissent juger, un tel objectif est accessible, au moins pour une partie des maisons concernées, mais nécessite un engagement fort de mise en œuvre rapide par le Département, la commune de la Loix et la communauté de communes de l'Ile de Ré.
La proximité des digues des maisons de la place du port (chemin du passage) ne paraît pas déterminante s'agissant d'une digue non exposée aux vagues qui peut faire l'objet d'une attention particulière (rehausse) à proximité des maisons. Le bon fonctionnement des canaux et vannes qui drainent le quartier est important pour sa sécurité et suivi avec attention par les riverains. S'agissant du moulin à marée, le risque principal paraît être celui d'un effondrement de la partie située au dessus du bief dû à la déstabilisation de ses fondations. Sous réserve du résultats d'investigations complémentaires à mener, l'utilisation à usage de logement de cette partie pourrait être interdite.

La protection de la partie est du site est prioritaire. Il faudrait traiter environ 4 km de digues et sécuriser tous les exutoires (vannes et clapet), pour un coût vraisemblablement compris entre 3 et 4 M€.

Une protection fiable des maisons isolées situées dans le marais est manifestement hors de portée.



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