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Wikibardig:GEMAPI : Mesure de prévention des inondations : stocker par des ouvrages spécifiques

De Wikibardig

Sommaire


Ces ouvrages sont utilisés pour stocker les eaux de pluie provisoirement et/ou les évacuer lentement.

Ouvrages de rétention « tampon – sédimentation » des eaux

Bassin de rétention / d’infiltration à ciel ouvert

Bassin de rétention « standard » proche du viaduc de l’Austreberthe de l’A150 (© albea).

Une fois stockées, les eaux pluviales sont soit évacuées vers un exutoire de surface (bassin de rétention) soit comme dans sur la photo ci-dessous infiltrées dans le sol après rétention (bassin de rétention/infiltration). Avec sa fonction « tampon – sédimentation » des eaux, le bassin améliore de façon importante la qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel.


Installations souterraines de rétention / d’infiltration

Commune de Lège-Cap Ferret – volume 770 m3 Suppression d’un rejet d’eaux pluviales vers le milieu récepteur (source Maître d’Ouvrage : SIBA, réalisation 2011)..

L’eau de pluie est stockée temporairement sous terre puis évacuée par infiltration directe dans le sol ou par restitution vers un exutoire (réseau de collecte ou milieu naturel). Ce système est bien adapté lorsque les surfaces disponibles sont faibles.

Le bassin enterré peut permettre un aménagement paysagé en surface. Ces installations sont implantées sous voirie, parking ou espace vert, ils ne réduisent pas les surfaces disponibles pour les projets urbains.

Le Puits d’infiltration

Puisard d’infiltration (© Clédésols).

Le puits d’infiltration est un puits ou puisard recevant les eaux de ruissellement. Ces ouvrages se régulent par infiltration des eaux à travers des couches de sol. Les eaux ne sont donc pas injectées directement dans la nappe. Il est alimenté par un réseau de conduites ou par ruissellement direct.

Ouvrages de rétention multifonctionnels « tampon – sédimentation » des eaux

Les ouvrages de rétention multifonctionnels sont aménagés pour la gestion du risque inondation mais peuvent jouer aussi un rôle structurant et paysager. Ils peuvent constituer des espaces de vie collectifs (jardins, terrains de sports, placettes). Ils représentent une réelle opportunité technique et financière de créer des équipements publics conviviaux. Il existe différents types de bassin :

Bassins secs

Principe de fonctionnement du bassin sec infiltrant. Source : Architecture & Climat..

Les bassins secs sont des espaces verts temporairement submersibles permettant l’infiltration des eaux de pluie. Ils ont un rôle d’étalement, d’écrêtement des eaux pluviales.

L’eau est collectée, soit par l’intermédiaire de canalisations, rigoles ou noues de récupération des eaux de toiture et de chaussée, soit directement après ruissellement. Le bassin sec constitue le plus souvent, le lieu final de collecte de mesures alternatives pour des pluies vraiment exceptionnelles.

Vélodrome Aime Constant (Bassin à sec) (Source : Mairie de Vitrolles 13).
Bassin après un épisode pluvieux méditerranéen (Source : Mairie de Vitrolles 13) .

Par exemple, le vélodrome homologué au niveau international Aime Constant de la commune de Vitrolles (13) est un bassin sec la grande majorité du temps mais, il joue également le rôle de bassin de rétention lors de pluies vraiment exceptionnelles.

Bassins en eau

Principe de fonctionnement du bassin en eau (@Architecture & Climat)..

Un bassin en eau conserve une lame d’eau en permanence. Les eaux de pluie et de ruissellement y sont déversées au cours d’épisodes pluvieux au fil du temps et des saisons. Son niveau est donc variable et cette variabilité est souvent propice à la biodiversité. Leur échelle est très variée : de la simple mare dans le jardin au véritable lac accueillant des activités nautiques. La fonction essentielle du bassin en eau est de stocker à l’air libre un épisode de pluie dans les limites de son marnage. Il a un rôle d’étalement, d’écrêtement des eaux pluviales mais aussi l’été, de « régulateur/ modérateur » thermique.

Le stockage en toiture en Toitures et façades végétalisées

Musée du Quai Branly Mai 2006, Mur Végétal (source Patrick Blanc) .
Toit végétalisé sur un building de Chicago (source /www.consoglobe.com) .

Le stockage en toiture et en façade végétalisées agit comme une éponge, leur capacité de rétention est définie dès sa conception. Grace à cette technique, en saison « humide » les toits et les façades conservent entre 25 et 40 % des précipitations. Par exemple, un toit d'herbe avec une couche de milieu de culture de 4 à 20 cm peut contenir de 10 à 15 cm d'eau. En saison « sèche », selon les plantes et la profondeur du milieu de culture, les toits verts peuvent conserver 70 à 90% des précipitations. Mais lorsque la capacité est atteinte ou par pluie très intense, la toiture végétalisée retrouve un comportement proche d'un toit non-végétalisé

Jardin de pluie

Jardin de pluie sur trottoir (© service environnementaux de la ville de Portland (Oregon, USA)) .
Jardin de pluie sur trottoir (© service environnementaux de la ville de Portland (Oregon, USA)) .
Jardin de pluie sur trottoir (© service environnementaux de la ville de Portland (Oregon, USA)) .

La biorétention ou le jardin de pluie est un aménagement paysager en forme de cuvette installé en dépression de la zone qui reçoit par écoulement en surface les eaux de ruissellement. Les eaux se drainent dans un substrat (à fort taux d’infiltration) installé sur une épaisseur d’environ 60 cm sous les plantations.

Zone Expansion de Crue

Zone d’expansion des crues vallée de la Charente (© E. Champion) .

D’après le ministère chargé de l'environnement et l'Agence Française pour la Biodiversité (AFB), une zone d’expansion de crue est un espace naturel ou aménagé où se répandent les eaux lors du débordement des cours d'eau dans leur lit majeur. Elles jouent un rôle majeur dans la prévention des inondations. Avec le stockage momentané des eaux, elles écrêtent la crue en étalant sa durée d'écoulement. Ce stockage participe au fonctionnement des écosystèmes aquatiques et terrestres. En général les zones d'expansion des crues sont des secteurs non ou peu urbanisés et peu aménagés.

Zones de Ralentissement Dynamique des Crues (ZRDC)

ZRDC de Mouzon (Ardenne) / epama .
Principe de fonctionnement d’une ZRDC de Mouzon (Ardenne).


Comme le définit le guide méthodologique et technique, réalisé pour le compte du MEDD, réalisé en 2004, le ralentissement dynamique des crues représenté correspond au déploiement d’ouvrages et d’aménagements à l’échelle du bassin versant ayant pour objectif de retenir l’eau des ruissellements et de ralentir les écoulements des eaux lors d’évènements pluvieux, mais aussi de favoriser la connexion avec les annexes fluviales et le lit majeur en général, pour amortir le pic de crue. Avec cette technique, on cherche donc à agir sur les bassins versants et sur le lit majeur dans son ensemble, en tentant de quantifier l’influence de l’amont d’une zone sur celle-ci.

Ouvrages de rétention « tampon – réutilisation » des eaux

Citerne enterrée (source Graf-water.com).
Citerne souple (©Reynaud Cauvin-Yvose).

Le stockage hors-sol ou enterré en sortie de gouttière est utilisé à l’échelle du particulier ou de la petite entreprise. L’eau est collectée en aval de toiture, puis stockée dans une cuve après ruissellement sur le toit.

Digues fluviales

Digue sur « le petit Rhône » (© P. Di Maiolo).


Selon Degoutte et al., (2012), il s’agit d’un ouvrage, généralement en terre, construit le long du lit mineur du cours d'eau destiné à protéger les parcelles riveraines des venues d'eau .

Les digues fluviales sont des ouvrages à grand linéaire, surélevés par rapport au terrain naturel, construits dans les lits majeurs des cours d'eau dans l'objectif de les mettre tout ou partie à l'abri des inondations (Degoutte et al., 2012). On en recense près de 10 000 km en France (Mériaux, 2004).

Référence

Chastan B. (Coord.), 2004. Le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations : guide des aménagements associant l’épandage des crues dans le lit majeur et leur écrêtement dans de petits ouvrages. Ministère de l'Écologie et du Développement Durable, Cemagref, 129 p.

Degoutte G. (coordonnateur), 2012. Les déversoirs sur digues fluviales. Editions Quae, 184 pages.

Di Maiolo P., Curt C., Curt T.,2018. Projet APOGEE - Analyse des POlitiques de GEstion du risque et de leur mise en oEuvre dans un cadre territorial et de développement durable - Tache 3.3 - Analyse des mesures de gestion du risque dans le cadre du développement durable - Inventaire des mesures « classiques » et alternatives de gestion du risque.

MERIAUX P., ROYET R. et FOLTON C. (2004). Surveillance, entretien et diagnostic des digues de protection contre les inondations, Cemagref éditions, 134 p. + annexes.


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