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Coefficient d'imperméabilisation (HU)

De Wikibardig

Traduction anglaise : Imperviousness coefficient / %IMP

Dernière mise à jour : 12/08/2021

Rapport entre la surface imperméabilisée d'un bassin versant et sa surface totale.

Utilisation du coefficient d'imperméabilisation

Ce coefficient peut, en première approximation et lorsque sa valeur est comprise entre 20% et 100%, permettre d'estimer le coefficient de ruissellement d'un bassin versant normalement urbanisé, pour des pluies moyennes à fortes (hauteur précipitée en deux heures comprise entre 20 mm et 50mm).

Précautions à prendre

Il est cependant important de prendre beaucoup de précautions pour utiliser cette simplification. Même dans les zones urbanisées un peu denses, le comportement hydrologique des surfaces imperméables est loin d’être simple :

  • les toitures terrasses, même non végétalisées, sont capables de stocker une quantité d’eau relativement importante avant de commencer à ruisseler ; les pertes initiales sur ce type de surface peuvent ainsi atteindre entre 2 et 5 mm, ce qui correspond à un pourcentage important des lames d’eau précipitées pour les pluies les plus courantes ;
  • les revêtements de surface ne sont, pour leur part, pas totalement imperméables ; la présence de fissures ou de trous permet à une partie de l’eau de s’infiltrer dans le sol support ; à l’échelle de quelques dizaines de m2 la capacité moyenne d’infiltration varie ainsi, selon le niveau de dégradation du revêtement, entre 0,3 et 3 mm/h, ce qui correspond aux intensités observées pendant les longues pluies d’hiver ;
  • l’eau précipitée sur les surfaces imperméables ne rejoint pas obligatoirement un système organisé d’évacuation des eaux pluviales ; même dans les zones qui ne sont pas équipées de techniques alternatives, il arrive souvent qu’une partie des surfaces imperméables (abri de jardin, chemin d’accès au garage, etc..), ruisselle directement vers les pelouses voisines ;
  • À l’opposé, si les intensités de pluie sont très fortes, la capacité d’infiltration des sols réputés perméables est souvent dépassée et ces surfaces « perméables » peuvent apporter des quantités significatives d’eau au système de gestion des eaux pluviales.


Figure 1 : Bien qu'étant recouvert d'un revêtement imperméable ce cheminement piétonnier ne contribue pas au ruissellement, même pour les pluies les plus fortes, l'eau étant dirigée vers la noue d'infiltration voisine ; crédit photo Bernard Chocat.

Conclusion : démarche à suivre

En conclusion, associer le coefficient de ruissellement au coefficient d’imperméabilisation est une approximation souvent assez mauvaise. Le coefficient d’imperméabilisation a tendance à fortement majorer le coefficient de ruissellement pour des pluies faibles (celles qui sont le plus souvent utilisées pour caler les modèles) et peut le minorer pour les pluies les plus fortes (celles qui provoquent les désordres importants).

Dans le cas d'une gestion des eaux pluviales à la source il est indispensable d'oublier le partage entre surface contributrice et ouvrage de gestion. Le seul raisonnement valide consiste à se demander comment vont être gérée les eaux reçues sur une surface particulière. Par exemple, un parking peut, selon la façon dont les eaux pluviales sont gérées :

  • être une surface contribuant au ruissellement vers un ouvrage aval ;
  • être neutre vis à vis du ruissellement s'il est suffisamment perméable pour infiltrer l'eau de pluie qu'il reçoit ;
  • être traité comme un ouvrage de stockage-infiltration capable d'infiltrer les eaux de pluies qu'il reçoit directement, mais aussi celles provenant par exemple des toitures des immeubles voisins.

L'un des enjeux majeurs des années à venir sera très certainement de déconnecter le maximum de surfaces imperméables des réseaux d'assainissement mais aussi des biefs, naturels ou artificiels, favorisant le ruissellement rapide. La notion de coefficient d'imperméabilisation devra alors être remplacé par un paramètre mesurant les surfaces actives effectivement raccordées à ce type d'ouvrage.

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