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Revêtement perméable (HU)

De Wikibardig

Traduction anglaise : Permeable pavement

Dernière mise à jour : 26/03/2022

On désigne ici par revêtement perméable un revêtement artificiel utilisé pour recouvrir une surface urbaine et qui offre de bonnes conditions de confort aux usagers pendant les périodes pluvieuses (évacuation rapide de l'eau, stabilité du sol, absence de boues, etc.), tout en infiltrant l'eau dans sa structure.

Sommaire

Différents types de revêtements perméables

Il existe un grand nombre de revêtements perméables qui permettent l'infiltration rapide de l'eau de pluie et qui sont utilisables sur la plupart des surfaces urbaines. Ces revêtements peuvent être répartis en deux grandes familles : les revêtements poreux et les revêtements à perméabilité d'assemblage.

Revêtements poreux

Les revêtements poreux sont constitués de matériaux ayant un grand nombre de pores communicants de taille suffisante pour permettre l'écoulement rapide de l'eau sous l'effet de la gravité.

La solution la plus simple et la plus économique consiste à utiliser un matériau bon marché et très perméable : gravier, sable, mélange terre-pierre, etc. La stabilité de ces matériaux peut être renforcée en utilisant des dalles alvéolaires en métal, en béton ou en plastique ; certaines de ces dalles peuvent atteindre 95% de vide. Il est également possible de les enherber (figure 1).


Figure 1 : Exemple de sol enherbé renforcé utilisé sur des places de stationnement ; Crédit photo Bernard Chocat.

Une autre solution consiste à utiliser des matériaux rigides constitués de granulats liés, soit par du bitume (enrobé drainant), soit par du ciment (béton drainant), soit par des résines dont certaines sont exemptes d’hydrocarbures. Les enrobés sont toujours coulés en place. Les bétons drainants peuvent être coulés en place ou se présenter sous la forme de pavés poreux. Cette solution permet d'accueillir toutes les formes de trafics routiers faibles à modérés. Pour les trafics plus conséquents, un examen particulier doit être apporté.

Revêtements à perméabilité d'assemblage

Les revêtements à perméabilité d'assemblage sont constitués d'éléments préfabriqués dans un matériau imperméable (pavés ou dalles en béton : figure 2, platelages en bois : figure 3, etc.) mais dont la forme et/ou le mode de pose est prévue pour qu'il existe des réservations permettant le passage de l'eau. Ces réservations peuvent être faites au niveau des joints entre les éléments ou à l'intérieur même des éléments (dalles perforées). Il s'agit dans ce dernier cas d'une solution intermédiaire entre une perméabilité d'assemblage et un renforcement de matériaux perméables.


Figure 2 : Exemple de pavés poreux à perméabilité de joint ; Crédit photo Bernard Chocat.


Figure 3 : Exemple de platelage en bois ; Crédit photo Bernard Chocat.

Utilisation des revêtements perméables

Un revêtement perméable peut être utilisé seul (figure 4) ou pour alimenter une structure réservoir sous-jacente (figure 5), comme par exemple dans le cas d'une chaussée à structure réservoir. En cas d’absence de structure réservoir sous-jacente, et si la capacité d’infiltration du sol support est insuffisante, le stockage se fait principalement en surface, le revêtement perméable lui-même ayant une capacité de stockage limitée.

Nota : Il est préférable de réserver le terme revêtement perméable aux cas où le revêtement est utilisé seul et de parler de structure réservoir drainante (ou poreuse) lorsque que le revêtement perméable alimente une structure réservoir.


Figure 4 : Revêtement perméable sans structure réservoir sous-jacente ; l'évacuation de l'eau se fait par infiltration profonde dans le sol et/ou par évapotranspiration.


Figure 5 : Revêtement perméable alimentant une structure réservoir sous-jacente ; l'évacuation de l'eau se fait par infiltration profonde dans le sol et/ou latéralement par des drains.

Dans tous les cas l'évacuation peut se faire, en totalité ou en partie :

  • par exfiltration dans le sol puis vers la nappe (c'est le mode principal en l'absence de structure réservoir sous-jacente) ;
  • par évapotranspiration si le revêtement est végétalisé ou par évaporation dans les autres cas (cette solution présente l'intérêt de rafraîchir l’air ambiant).
  • à débit régulé par un drain (en cas de risque de pollution ou si le sol est trop peu perméable).

Intérêt et domaine d'utilisation des revêtements perméables

Les voiries, parkings, pistes cyclables, cheminements piétonniers, etc. représentent une très grande part des surfaces traditionnellement imperméabilisées. Les recouvrir d'un revêtement perméable à la place du revêtement imperméable usuel constitue donc un levier puissant pour mieux gérer les flux d'eau pluviale. Les techniques possibles sont suffisamment variées pour que l'on puisse trouver une solution adaptée quelle que soit le type de surface et la nature des circulations qu'elle va recevoir.

Risques présentés par les revêtements perméables

Différents risques associés aux revêtement perméables sont souvent mis en avant. La plupart d'entre eux ne sont pas vraiment gênants comme le montrent les paragraphes suivants qui reprennent les conclusions de la fiche "le vrai du faux" sur les revêtements poreux (GRAIE, 2014) :

Risque de pollution chronique des sols et des nappes par les eaux qui s’infiltrent à travers le revêtement

Le risque de pollution chronique des sols et des nappes par l’infiltration directe des eaux de ruissellement d’un parking ou d’une voirie tertiaire à travers un revêtement perméable est quasiment nul. En effet, d’une part l’eau de pluie ne ruisselle pas sur le revêtement et ne se charge donc pas en polluant et d’autre part les eaux se filtrent très rapidement lors de leur transfert à travers les matériaux et le sol.

Risque de pollution accidentelle des sols et des nappes en cas d'accident

Le risque de pollution accidentelle des sols et des nappes par l’infiltration d’un polluant dangereux provenant d’un accident de la circulation ou de toute autre cause existe, mais sa fréquence est généralement rare pour la plupart des situations. Le risque doit cependant être évalué et ce type de solution ne devra pas être utilisé lorsque l’aléa (par exemple, présence fréquente de camions chargés de matières dangereuses) ou la vulnérabilité (par exemple, nappe phréatique utilisée pour la production d’eau potable) seront trop grands. Le risque est acceptable dans tous les autres cas.

Risque d’endommagement des ouvrages lié aux cycles gel-dégel associé à la présence d’eau dans l’ouvrage

Non seulement le risque d’endommagement lié aux cycles gel-dégel associé à la présence d’eau dans l’ouvrage est très faible, mais les revêtements de ce type résistent mieux aux cycles gel-dégel que les revêtements traditionnels, d'une part parce qu'ils sont conçus pour évacuer rapidement l'eau et d'autre part parce que la grande porosité des matériaux utilisés dans les couches de base et ou de fondation permet l’expansion sans dommage d'une éventuelle glace formée.

Risque de colmatage de la couche perméable

Les capacités d'infiltration initiales des revêtements perméables sont plusieurs milliers de fois supérieures à celles nécessaires pour infiltrer les pluies les plus intenses. Même si leur colmatage progressif est une réalité nécessairement (d'ailleurs associée à l’efficacité de dépollution de ces ouvrages), ce phénomène pose donc rarement de réels problèmes. De plus il peut être contrôlé par un entretien régulier et des interventions spécifiques en cas de nécessité.

Difficultés de nettoyage

Les revêtements en sable ou en graviers sont effectivement difficiles à nettoyer. Concernant les autres revêtements perméables, même si l’aspiration à sec est plus efficace pour prévenir leur colmatage, aucune étude n’a mis en évidence le fait que ce phénomène était accéléré par les procédés de balayage humide. La plupart des revêtements perméables peuvent donc être nettoyés avec les mêmes procédés que les revêtements traditionnels.

Difficulté à assurer la viabilité hivernale

La viabilité hivernale peut parfaitement être assurée avec des revêtements perméables. Un surcoût est cependant à prévoir si l’on souhaite continuer à utiliser des sels de déneigement ; mais à l’opposé, utiliser ce type de revêtement peut permettre d’initier une réflexion sur les pratiques de viabilisation hivernale.

Bibliographie :

Pour en savoir plus :

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