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Barrage (HU) : Différence entre versions

De Wikibardig
(Barrages et contrôle de l'aléa inondation)
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<u>Dernière mise à jour</u> : 09/08/2026
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Ouvrage artificiel construit en travers d'un [http://fr.wikipedia.org/wiki/Cours_d%27eau cours d'eau], que celui-ci soit permanent ou non, ou d’un [[Talweg (HU)|talweg]], et qui barre plus que le [[Lit mineur (HU)|lit mineur]].  
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Le plus souvent, en hydrologie, ce terme désigne un ouvrage artificiel construit en travers d'un [http://fr.wikipedia.org/wiki/Cours_d%27eau cours d'eau], que celui-ci soit permanent ou non, ou d’un [[Talweg (HU)|talweg]], et qui barre plus que le [[Lit mineur (HU)|lit mineur]].  
  
<u>Nota</u> : Quand l’ouvrage n’obstrue que le lit mineur de la rivière et qu’il ne créé pas de retenue dans la vallée, on parle de [[Seuil en rivière (HU)|seuil]].
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<u>Nota1</u> : Quand l’ouvrage n’obstrue que le lit mineur de la rivière et qu’il ne créé pas de retenue dans la vallée, on parle de [[Seuil en rivière (HU)|seuil]].
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<u>Nota2</u> : Tous les barrages ne créent pas de retenue permanente ; en particulier les [[Barrage à pertuis ouvert (HU)|barrages à pertuis]] ouvert (ou à pertuis vanné) laissent passer la totalité du débit (et des sédiments) par un orifice en partie basse et ne limitent le débit par un stockage provisoire que pour les crues les plus importantes.
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<u>Nota3</u> : Le terme "barrage" est également utilisé en hydrologie dans des contextes différents ; voir en particulier [[Barrage flottant (HU)]], [[Barrage gonflable (HU)]], [[Barrage à poutrelles (HU)]].
  
 
==Origine, intérêt et problèmes associés==
 
==Origine, intérêt et problèmes associés==
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Depuis l’origine de la civilisation les hommes ont tenté de contrôler les écoulements des rivières par des seuils et des barrages. On recense aujourd’hui en France au moins 75 000 ouvrages barrant les cours d’eau dont plusieurs centaines font plus de 20 mètres de haut. Ces ouvrages ont été construits à différentes époques et pour répondre à des objectifs divers :  
 
Depuis l’origine de la civilisation les hommes ont tenté de contrôler les écoulements des rivières par des seuils et des barrages. On recense aujourd’hui en France au moins 75 000 ouvrages barrant les cours d’eau dont plusieurs centaines font plus de 20 mètres de haut. Ces ouvrages ont été construits à différentes époques et pour répondre à des objectifs divers :  
* le laminage des crues (voir § "Barrages et contrôle de l'aléa inondation") ;
 
* la production hydroélectrique ;
 
 
* la création d'une réserve d'eau utilisable soit directement, soit en soutien d'[[Etiage (HU)|étiage]], pour assurer en aval :
 
* la création d'une réserve d'eau utilisable soit directement, soit en soutien d'[[Etiage (HU)|étiage]], pour assurer en aval :
 
** l’alimentation en eau potable,  
 
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** l’irrigation,  
 
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** le renforcement de la biodiversité dans le cours d'eau ou à ses abords,  
 
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** des usages de loisir.  
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* la production hydroélectrique ;
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* le laminage des crues (voir § "Barrages et contrôle de l'aléa inondation").  
  
Cependant près de la moitié des ouvrages répertoriés n’ont aujourd’hui plus aucun usage identifié.
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Si beaucoup d'ouvrages, en particulier les plus récents, tentent de concilier des objectifs multiples, près de la moitié des ouvrages répertoriés n’ont aujourd’hui plus aucun usage identifié.
  
 
Lorsque les ouvrages sont multifonctionnels, la complexité de leur gestion nécessite alors, après des phases de concertation approfondie et ouverte à toutes les parties prenantes, la négociation, puis l’adoption et la mise en œuvre rigoureuse de règlements d’eau complexes, encadrant la gestion des débits sortants en fonction des niveaux de remplissage, des prévisions de débit entrant et des saisons.
 
Lorsque les ouvrages sont multifonctionnels, la complexité de leur gestion nécessite alors, après des phases de concertation approfondie et ouverte à toutes les parties prenantes, la négociation, puis l’adoption et la mise en œuvre rigoureuse de règlements d’eau complexes, encadrant la gestion des débits sortants en fonction des niveaux de remplissage, des prévisions de débit entrant et des saisons.
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===Intérêt et problèmes associés===
 
===Intérêt et problèmes associés===
  
Les barrages jouent aujourd'hui, de façon évidente, un rôle très important en tant que réserve d'eau pendant les périodes de sécheresse de moyen relativement décarboné de production d'électricité. L’hydroélectricité constitue en effet la première source d’énergie renouvelable et joue un rôle crucial pour stabiliser le réseau électrique. Elle est la seule production qui permet d’ajuster l’offre à la demande en temps réel grâce à sa grande flexibilité et à sa capacité à stocker l’énergie sous forme d’eau dans des réservoirs ou par pompage-turbinage.
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Les barrages jouent aujourd'hui, de façon évidente, un rôle très important en tant que réserve d'eau pendant les périodes de sécheresse et de moyen, relativement décarboné, de production d'électricité. L’hydroélectricité constitue en effet la première source d’énergie renouvelable et joue un rôle crucial pour stabiliser le réseau électrique (voir nota). Elle est la seule production qui permet d’ajuster l’offre à la demande en temps réel grâce à sa grande flexibilité et à sa capacité à stocker l’énergie sous forme d’eau dans des réservoirs ou par pompage-turbinage.
  
Cependant, les barrages, comme les seuils, perturbent de différentes manières le fonctionnement des rivières : Ils modifient leur [[Régime hydrologique (HU)|régime hydrologique]], perturbent les conditions écologiques à l’amont comme à l’aval de la retenue, diminuent les capacités de [[Biodégradation (HU)|biodégradation]], modifient les processus d’érosion et de [[Transport solide (HU)|transport solide]], stockent les sédiments et les polluants, fragmentent l’habitat des espèces aquatiques et font obstacle aux déplacements des grands migrateurs (''figure 1''). Cet aspect est traité à l'article [[Seuil en rivière (HU)]].
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<u>Nota</u> : En 2025, sur les 547,5 TWh produits, 32.9 TWh étaient d'origine solaire, 49,6 TWh venaient de l'éolien, 10,5 TWh du thermique renouvelable, et 62,4 TWh étaient issus de l'hydroélectricité, ressource précieuse aussi, en haute chute, pour sa souplesse de mobilisation en cas de pointe de consommation électrique. Dans les années à venir, les déficits de précipitations (neiges et pluies) probablement plus fréquents dans le futur, associés au développement du solaire et de l'éolien, vont contribuer à faire reculer la part de l'hydroélectricité dans le mix énergétique français.
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Cependant, les barrages, comme les seuils, perturbent de différentes manières le fonctionnement des rivières : Ils modifient leur [[Régime hydrologique (HU)|régime hydrologique]], perturbent les conditions écologiques à l’amont comme à l’aval de la retenue, diminuent les capacités de [[Biodégradation (HU)|biodégradation]], modifient les processus d’érosion et de [[Transport solide (HU)|transport solide]], stockent les sédiments et les polluants, fragmentent l’habitat des espèces aquatiques et font obstacle aux déplacements des grands migrateurs (''figure 1''). Cet aspect est traité de façon plus approfondie dans l'article [[Seuil en rivière (HU)]].
  
  
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==Barrages et contrôle de l'aléa inondation==
 
==Barrages et contrôle de l'aléa inondation==
  
Beaucoup de barrages ont été construits pour contrôler les crues en stockant momentanément l'eau. Ils ne constituent cependant pas une panacée car une fois leur capacité maximum de stockage atteinte ils deviennent brusquement transparents vis-à-vis de la crue et laisse passer l'intégralité du débit. Les barrages sont donc efficaces pour contrôler les crues moyennes ou fortes mais incapables de contrôler les crues exceptionnelles. Ils peuvent de ce fait donner une fausse impression de sécurité et augmenter la [[Vulnérabilité (HU)|vulnérabilité]] à l'aval (voir [[Analyse coût bénéfice / ACB (HU)]]).
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Un certain nombre de barrages ont été construits, soit spécifiquement pour contrôler les crues en stockant momentanément l'eau, soit en intégrant cette fonctionnalité. Ils ne constituent cependant pas une panacée car une fois leur capacité maximum de stockage atteinte, ils peuvent devenir brusquement transparents vis-à-vis de la crue et laisser passer l'intégralité du débit. Les barrages sont donc efficaces pour contrôler les crues moyennes ou fortes mais cette efficacité est plus limitée pour contrôler les crues exceptionnelles. Ils peuvent de ce fait donner une fausse impression de sécurité et conduire à augmenter les [[Enjeu (HU)|enjeux]] exposés à l'aval et/ou leur [[Vulnérabilité (HU)|vulnérabilité]] (voir [[Analyse coût bénéfice / ACB (HU)]]).
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De plus, même s'il est généralement maîtrisé, il existe un risque d'inondation rapide en cas de rupture.
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Les [https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000017663477/ articles R214-112 à R214-114 du code de l'environnement] définissent trois classes de barrages au titre de la sécurité, principalement en fonction de deux paramètres géométriques :
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* la hauteur <math>H</math> de l'ouvrage, exprimée en mètres et définie comme la plus grande différence de cote entre le sommet de la crête de l'ouvrage et le terrain naturel au niveau du pied de l'ouvrage ;
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* le volume, <math>V</math>, exprimé en millions de mètres cubes et défini comme le volume retenu par le barrage à la cote de retenue normale. Dans le cas des remblais latéraux à un bief, le volume considéré est celui du bief situé entre deux écluses ou deux ouvrages vannés.
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Ces deux paramètres permettent notamment de calculer le paramètre <math>K</math> = <math>H^2.V^{0,5}</math>.
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Les 3 classes (''figure 2'') sont les suivantes :
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* <u>barrage de classe <math>A</math></u>, ouvrage dont la hauteur <math>H</math> ≥ 20 m et le paramètre <math>K</math> ≥ 1 500, 
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* <u>barrage de classe <math>B</math></u>, ouvrage non classé <math>A</math>, dont la hauteur <math>H</math> ≥ 10 m et le paramètre <math>K</math> ≥ 200,
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* <u>barrage de classe <math>C</math></u>, qui comprend :
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** a/ ouvrage non classé <math>A</math> ou <math>B</math> et tel que <math>H ≥ 5</math> m et <math>H^2.V^{0,5} ≥ 20</math> ;
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** b/ ouvrage non classé <math>A</math>, <math>B</math> ou <math>C</math> et qui répond aux trois conditions cumulatives suivantes :
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*** <math>H ≥ 2</math> m ,
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*** <math>H^2.V^{0,5} ≥ 0.05</math>,
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*** existence d'une ou de plusieurs habitations à l'aval du barrage à moins de 400 m.  
  
De plus, même s'il est généralement maîtrisé, il existe une risque d'inondation rapide en cas de rupture. En France, la réglementation ([https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000030591079 décret du 12 mai 2015] modifiant le [https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000017641418 décret du 11 décembre 2007]) distingue 3 catégories d'aménagement en fonction de la hauteur de la digue (<math>H</math> en mètres) et du volume stocké (<math>V</math> en millions de m<sup>3</sup>) (voir ''figure 2'') :
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Les autres barrages sont considérés comme non classés ; ce classement peut cependant être ajusté par une décision préfectorale au cas où les enjeux sur le plan de la sécurité le justifient.
* <u>barrage de classe A</u> : <math>H ≥ 20</math> m et <math>H^2.V^{0,5} ≥ 1500</math> ;
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* <u>barrage de classe B</u> : ouvrage non A et <math>H ≥ 10</math> m et <math>H^2.V^{0,5} ≥ 200</math> ;
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* <u>barrage de classe C</u>, qui comprend :
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** a/ ouvrage non A, non B et <math>H ≥ 5</math> m et <math>H^2.V^{0,5} ≥ 20</math> ;
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** b/ (Cmin) ouvrage non A, non B, non a/ et <math>H ≥ 2</math> m et <math>H^2.V^{0,5} ≥ 0.05</math> et existence d'une ou de plusieurs habitations à l'aval du barrage à moins de 400 m.
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[[File:barrage_classification_cfbr.png|600px|thumb|center|<center>''<u>Figure 2</u> : Classification des barrages ; <u>Source</u> : [https://www.barrages-cfbr.eu/Classes-de-barrages.html site du CFBR]''</center>]]
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[[File:barrage_classification_cfbr.png|600px|thumb|center|<center>''<u>Figure 2</u> : En France, les barrages sont répartis en trois classes (<math>A</math>, <math>B</math> et <math>C</math>) en fonction d'un indicateur qui associe le risque intrinsèque lié à la hauteur de l'eau du barrage (<math>H</math>) et les conséquences potentielles d'une rupture en fonction de la quantité d'eau stockée et susceptible d'être libérée (<math>V</math>) ; <u>Source</u> : [https://www.barrages-cfbr.eu/Classes-de-barrages.html site du CFBR]''</center>]]
  
 
L'utilisation des barrages et de leurs retenues pour réduire l'aléa inondation fait l'objet d'un article spécifique : [[Protections pour réduire les aléas d’inondation : les barrages et leurs retenues (HU)]]  
 
L'utilisation des barrages et de leurs retenues pour réduire l'aléa inondation fait l'objet d'un article spécifique : [[Protections pour réduire les aléas d’inondation : les barrages et leurs retenues (HU)]]  

Version du 11 août 2026 à 15:47

Traduction anglaise : Dam

mot en chantier

Dernière mise à jour : 11/08/2026

Le plus souvent, en hydrologie, ce terme désigne un ouvrage artificiel construit en travers d'un cours d'eau, que celui-ci soit permanent ou non, ou d’un talweg, et qui barre plus que le lit mineur.

Nota1 : Quand l’ouvrage n’obstrue que le lit mineur de la rivière et qu’il ne créé pas de retenue dans la vallée, on parle de seuil.

Nota2 : Tous les barrages ne créent pas de retenue permanente ; en particulier les barrages à pertuis ouvert (ou à pertuis vanné) laissent passer la totalité du débit (et des sédiments) par un orifice en partie basse et ne limitent le débit par un stockage provisoire que pour les crues les plus importantes.

Nota3 : Le terme "barrage" est également utilisé en hydrologie dans des contextes différents ; voir en particulier Barrage flottant (HU), Barrage gonflable (HU), Barrage à poutrelles (HU).

Sommaire

Origine, intérêt et problèmes associés

Différents objectifs

Depuis l’origine de la civilisation les hommes ont tenté de contrôler les écoulements des rivières par des seuils et des barrages. On recense aujourd’hui en France au moins 75 000 ouvrages barrant les cours d’eau dont plusieurs centaines font plus de 20 mètres de haut. Ces ouvrages ont été construits à différentes époques et pour répondre à des objectifs divers :

  • la création d'une réserve d'eau utilisable soit directement, soit en soutien d'étiage, pour assurer en aval :
    • l’alimentation en eau potable,
    • la dilution des rejets urbains ou des rejets d’eau de refroidissement des centrales nucléaires,
    • la garantie de navigation,
    • la qualité des milieux aquatiques,
    • l’irrigation,
    • le renforcement de la biodiversité dans le cours d'eau ou à ses abords,
    • des usages de loisir ;
  • la production hydroélectrique ;
  • le laminage des crues (voir § "Barrages et contrôle de l'aléa inondation").

Si beaucoup d'ouvrages, en particulier les plus récents, tentent de concilier des objectifs multiples, près de la moitié des ouvrages répertoriés n’ont aujourd’hui plus aucun usage identifié.

Lorsque les ouvrages sont multifonctionnels, la complexité de leur gestion nécessite alors, après des phases de concertation approfondie et ouverte à toutes les parties prenantes, la négociation, puis l’adoption et la mise en œuvre rigoureuse de règlements d’eau complexes, encadrant la gestion des débits sortants en fonction des niveaux de remplissage, des prévisions de débit entrant et des saisons.

Intérêt et problèmes associés

Les barrages jouent aujourd'hui, de façon évidente, un rôle très important en tant que réserve d'eau pendant les périodes de sécheresse et de moyen, relativement décarboné, de production d'électricité. L’hydroélectricité constitue en effet la première source d’énergie renouvelable et joue un rôle crucial pour stabiliser le réseau électrique (voir nota). Elle est la seule production qui permet d’ajuster l’offre à la demande en temps réel grâce à sa grande flexibilité et à sa capacité à stocker l’énergie sous forme d’eau dans des réservoirs ou par pompage-turbinage.

Nota : En 2025, sur les 547,5 TWh produits, 32.9 TWh étaient d'origine solaire, 49,6 TWh venaient de l'éolien, 10,5 TWh du thermique renouvelable, et 62,4 TWh étaient issus de l'hydroélectricité, ressource précieuse aussi, en haute chute, pour sa souplesse de mobilisation en cas de pointe de consommation électrique. Dans les années à venir, les déficits de précipitations (neiges et pluies) probablement plus fréquents dans le futur, associés au développement du solaire et de l'éolien, vont contribuer à faire reculer la part de l'hydroélectricité dans le mix énergétique français.

Cependant, les barrages, comme les seuils, perturbent de différentes manières le fonctionnement des rivières : Ils modifient leur régime hydrologique, perturbent les conditions écologiques à l’amont comme à l’aval de la retenue, diminuent les capacités de biodégradation, modifient les processus d’érosion et de transport solide, stockent les sédiments et les polluants, fragmentent l’habitat des espèces aquatiques et font obstacle aux déplacements des grands migrateurs (figure 1). Cet aspect est traité de façon plus approfondie dans l'article Seuil en rivière (HU).


Figure 1 : Les barrages font obstacles au déplacement des sédiments comme à celui des espèces vivantes ; Source : Les barrages sont-ils un bien pour l'environnement (Document GRAIE/Méli Mélo).

Barrages et contrôle de l'aléa inondation

Un certain nombre de barrages ont été construits, soit spécifiquement pour contrôler les crues en stockant momentanément l'eau, soit en intégrant cette fonctionnalité. Ils ne constituent cependant pas une panacée car une fois leur capacité maximum de stockage atteinte, ils peuvent devenir brusquement transparents vis-à-vis de la crue et laisser passer l'intégralité du débit. Les barrages sont donc efficaces pour contrôler les crues moyennes ou fortes mais cette efficacité est plus limitée pour contrôler les crues exceptionnelles. Ils peuvent de ce fait donner une fausse impression de sécurité et conduire à augmenter les enjeux exposés à l'aval et/ou leur vulnérabilité (voir Analyse coût bénéfice / ACB (HU)).

De plus, même s'il est généralement maîtrisé, il existe un risque d'inondation rapide en cas de rupture.

Les articles R214-112 à R214-114 du code de l'environnement définissent trois classes de barrages au titre de la sécurité, principalement en fonction de deux paramètres géométriques :

  • la hauteur $ H $ de l'ouvrage, exprimée en mètres et définie comme la plus grande différence de cote entre le sommet de la crête de l'ouvrage et le terrain naturel au niveau du pied de l'ouvrage ;
  • le volume, $ V $, exprimé en millions de mètres cubes et défini comme le volume retenu par le barrage à la cote de retenue normale. Dans le cas des remblais latéraux à un bief, le volume considéré est celui du bief situé entre deux écluses ou deux ouvrages vannés.

Ces deux paramètres permettent notamment de calculer le paramètre $ K $ = $ H^2.V^{0,5} $.

Les 3 classes (figure 2) sont les suivantes :

  • barrage de classe $ A $, ouvrage dont la hauteur $ H $ ≥ 20 m et le paramètre $ K $ ≥ 1 500,
  • barrage de classe $ B $, ouvrage non classé $ A $, dont la hauteur $ H $ ≥ 10 m et le paramètre $ K $ ≥ 200,
  • barrage de classe $ C $, qui comprend :
    • a/ ouvrage non classé $ A $ ou $ B $ et tel que $ H ≥ 5 $ m et $ H^2.V^{0,5} ≥ 20 $ ;
    • b/ ouvrage non classé $ A $, $ B $ ou $ C $ et qui répond aux trois conditions cumulatives suivantes :
      • $ H ≥ 2 $ m ,
      • $ H^2.V^{0,5} ≥ 0.05 $,
      • existence d'une ou de plusieurs habitations à l'aval du barrage à moins de 400 m.

Les autres barrages sont considérés comme non classés ; ce classement peut cependant être ajusté par une décision préfectorale au cas où les enjeux sur le plan de la sécurité le justifient.


Figure 2 : En France, les barrages sont répartis en trois classes ($ A $, $ B $ et $ C $) en fonction d'un indicateur qui associe le risque intrinsèque lié à la hauteur de l'eau du barrage ($ H $) et les conséquences potentielles d'une rupture en fonction de la quantité d'eau stockée et susceptible d'être libérée ($ V $) ; Source : site du CFBR

L'utilisation des barrages et de leurs retenues pour réduire l'aléa inondation fait l'objet d'un article spécifique : Protections pour réduire les aléas d’inondation : les barrages et leurs retenues (HU)

Pour en savoir plus :

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